***LES MEUTES HUMAINES***

***LES MEUTES HUMAINES***
Nous sommes les vampires de notre propre vie
et nous la dévorons aux lèvres de la nuit
Nous sommes les enfants inutiles moqueurs
dont les lèvres gercées couturées de bonheur
ne vomissent en s'ouvrant que l'immondice mal
arrachant la suture qui retient l'animal
que nous sommes. En cédant hurle et crache au soleil
maudit la terre et l'homme notre monstre en sommeil
et les ombres lâchées aux souvenirs du jour
irrépressiblement sans cesse tuent et courent
ne sauvant l'éternel de leurs minables êtres
qu'en jetant tout leurs corps au brasier de la bête

# Posté le mardi 24 février 2009 08:58

*** JOUER AVEC LES MOUCHES***

*** JOUER AVEC LES MOUCHES***
Elles dansaient tout autour de son blême visage
bouillonnante nuée, bourdonnante de rage,
se posaient souveraines en un vrombissement
sur sa peau encore tiède, leurs ailes s'agitant
en un ballet moqueur, qu'elles jouent à ses oreilles
du festin qu'il leurs offre depuis sa fin la veille.
Mouvance de couleurs du vert au rouge acier,
tâches venant grêler de sa tête à ses pieds,
se fichant de pudeur, explorant de leurs corps
les sinistres tréfonds et les affres du mort
se posent sur ses yeux, ses narines et sa bouche
et toujours plus nombreuses elles viennent, les mouches
Agitant de leurs vies celui qui n'a eu droit
en enfant sur une mine, à un tombeau de roi
et son sourire de môme s'est figé dans le sable
ne pouvant étouffer l'essaim interminable
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# Posté le mardi 24 février 2009 09:00

***OPIUM***

***OPIUM***
Génie du mal, fumée, bleu de mes yeux, se noie
au blanc de tes paupières de serpent. M'envahit.
Tu caresses ma langue à la lampe aux regrets,
plongeant plus loin, plus doux et si profonde en moi.
Berce mes yeux de rêves, Shehrazade assoupie,
plus amour quand ta plume s'exhale si fine après
avoir coulé ma vie dans l'ambre de l'émoi
où l'or qui tend ma peau, exacerbe désir,
qui monte et redescend le long de ma colonne
en un doux bercement quand frissonne mon corps
et libère à regret des volutes en soupir.
Papillon tu t'envoles, tourbillon me pardonne
de n'être que ta soie qui s'abandonne encore
au souffle, chrysalide, qui lentement se déchire,
dont la bouche libère d'autres enfants sublimes
qui ont secoué mon corps de leurs battements de rêve
et fait trembler ma peau et se dresser mon sein
dans ma tête, illusions où leurs couleurs se griment
et fait de moi princesse, leurs sirupeuses sèves
dont le parfum m'ennivre de nouvelles visions.

# Posté le mardi 24 février 2009 09:02

*** LA FEMME VULGAIRE ***

*** LA FEMME VULGAIRE ***
Elle insultait le monde de son siège branlant
quand elle parlait de mort et des autres brûlant
dans les affres immondes que seule elle voyait
sous les yeux d'un Satan vers lequel envoyer
son âme se barrant au fond de ses paroles
et les gens se marrant à la voix de la folle
qui sans n'y rien sembler sous son couteau de haine
était perdue et seule, le bourreau de sa peine
et eux à tous ses cris et sa rage ténue
ne répondaient que par mépris à l'infame inconnue
mais dans mes yeux ses larmes étaient plus que sa voix
en priant maintenant qu'elle n'insulte que moi

# Posté le mardi 24 février 2009 09:05

Modifié le mardi 24 février 2009 16:16

*** POETES IMBECILES ***

*** POETES IMBECILES ***
Et si tous les poètes étaient pilleurs de tombes
Leurs gorges de corbeaux écorchant les colombes
Heureux de découvrir dans le corps de martyrs
des joyaux, des trésors dont ils font leurs satyres
Saignant des mots si froids sur leurs pages de glaces
piochant sourd aux regards, perorant de la masse
Charognard orgueilleux, parasite inutile
qui jouit de son savoir comme l'idiot malhabile
pourrait dire qu'il joue, aussi bien de ses cils
Ne lisant rien des autres et se voulant sibylle
S'appuyant sur des morts, se plagiant entre frères
et rêvant de coucher tous les maux de la terre.
en voulant de leurs plumes soulever cette dalle
qui doit bien leurs cacher les restes du saints Graal
exposant leur folie, leurs douleurs et leur doutes
en voulant partager comme on montre ses croûtes
Les poètes sont des sourds qui sont muets d'exister
qui ont cru que l'amour et la vie s'écrivaient
Les poètes sont des fous que tous les saints rebuttent
croyant mener combat mais c'est contre eux qu'ils luttent
Voulant domestiquer la vie dans leurs cahier
au point de ne plus être que des pages en papier

# Posté le mardi 24 février 2009 09:06

*** GRES ***

*** GRES ***
Dans le marbre d'entrée de ses yeux gris ouverts
frappés d'un temps venu d'or à nu sous nos terres
un regard, rien de plus qu'un étang de lumière
par courant parcouru, temple adulé de pierre
à l'oracle venu d'un miracle sincère
à faire aimer de gris plus que bleus d'autres mers
et les draps de ciment sont si loin ses fidèles
de ces villes endormies clochetant d'être celle
qui fait prendre à la nuit et ses rares lueurs
ce qu'un jour a ravi dans les yeux de ma soeur

# Posté le mardi 24 février 2009 09:07

*** BONHEUR INCINERE ***

 *** BONHEUR INCINERE ***
Un tableau noir s'est peint au sombre de tes yeux
tracé d'encre nos vies, dissolues sur ton teint
blafard a refermé la chaleur de tes mains
et brûlé ta lumière sur un feu presqu'éteint

Les cadavres de roses, amères que nous sommes
noires ombres du temps qui ont fleuries d'échardes
et du parfum d'un corps dont la folie des hommes
entre nos doigts en pleurs s'est perdue mais regarde

Le doute dont on meurt, le plaisir qui nous farde
Nos souffles qui s'envolent, soupirs chauds de l'opium
sur nos visages d'anges et cendres froides comme

nos doigts bleuis et blancs, roidis et maculés
d'animal alangui, à l'aboi, esseulé
nocturne notre vie, la lune qui t'appelle
et caresse et nous fait, fantôme à l'envie d'elle

éther à son reflet, nues nos poussières sont
balayées par un vent qui me souffle ton nom

# Posté le mardi 24 février 2009 09:08

*** NOYER LA LUNE ***

*** NOYER LA LUNE ***
La lune est tombée sur l'eau verte
de l'étang dont elle a tatoué la peau
et brille en pure perte
n'aveuglant pas les crapauds
qui croassent dans les joncs
embrouillent son image
en brusque et froid plongeon
qui trouble son visage
Un grand oiseau de nuit
battant lourd l'air obscur
fait taire le ballet qui nage à sa figure
des araignées d'eau noires s'esquivent fins anneaux
que des remous plus sombres suivent au fond des eaux
les joncs à peine aimés par sa raie de lumière
frémissent sous le vent un souffle de colère
parfois les feuilles au fond de l'eau brune du bord
sont poussées par un monstre les frôlant de son corps
Un pâle cocon de soie doucement se balance
au pied d'un vieux tronc d'arbre auprès des roseaux, danse
Un hurlement de chien vient déchirer la nuit
mais plus rauque et plus fort et puis brusquement fuit
des pas qui se rapprochent, des ronces sont poussées
alors que l'½il blanc de l'astre s'émoussait
en voile de nuages et froncent ses paupières
repeignent tout au noir et au gris de la pierre
ne laissent plus que moi assise et pieds baignant..
dans l'eau froide qui berce, les ombres me ceignant

# Posté le mardi 24 février 2009 09:09

*** ABANOUN ***

 *** ABANOUN ***
et la mer tout autour crie reviens mon amour
les plumes des oiseaux bruissant dans les rafales
de ce vent qui emporte les mots qui font mal
et les larmes et bruine emmêlées à leur tour
avalant dans leurs flots le dur sel des regrets
qui sature ma peau et craquèle mon c½ur
au son des lourdes vagues se battant entre s½urs
et le tissu claquant comme mon poing frapperait
ce refrain qui me pousse à ne plus repartir
et cesser ces pensées me menant vers l'ailleurs
qui serait mon pays mais jamais ma demeure
et le varech exhale à mes pas qui s'étirent
une odeur que l'on n'aime à ne plus ressentir
et le sable s'écoule aux traces qui se firent
avalant de leurs corps les blessures des dunes
que le flot lentement mange au gré de la lune
et captés par ces marques, enfin cesse de fuir

# Posté le mardi 24 février 2009 09:10

*** VENUS D'INOX ***

*** VENUS D'INOX ***
Dans l'enfer et les flammes, amers tourments d'aimer
Je m'y suis jeter femme, mais le suis-je désormais
Dans les affres lugubres des machines d'acier
qui lacèrent ma peau de leurs ongles rouillés
Dans la fonte et la suie qui brûlent mes paupières
qui détrempent mon front de leurs langues de fer
Dans l'anneau de métal qui entrave mon corps
où un bras de golem m'enchaîne à ce décor
laisse des marques noires à l'ombre de son rire
dont résonne le cri au fond de l'avenir
et ses yeux torches froides survoltent sans chaleur
ma peau qui se raidit, plaquée, rivée d'horreur
sonde perçant mon coeur, qui bat encore, aspire
le sang et de laiton,en fusion le remplir
Mes entrailles soulèvent mes côtes aux bas d'os
Martèle le marteau de leurs voix dans ma fosse
Rompe, et tout est broyé dans les machoîres du four
dont les crocs me dissèquent et qu'on appelle "amour"
Crack, la chair qui reste, ne vomis que la tôle
de ma vie que l'air lustre et que prudents ils chaulent
Leurs chiffons sales m'essuient, vénus au corps d'inox
de son carcan de mousse, de leurs fruits paradoxe
de désir. Mais ont peur quand ma voix de synthèse
leur demande maintenant sans pudeur où l'on baise.

# Posté le mardi 24 février 2009 09:11