*** LA MORT DE L'UNIVERS***

 *** LA MORT DE L'UNIVERS***
L'espace est la rétine d'un corps qui s'y imprime
courbe de souvenirs, membrane au corps d'abîme
dont les murs se font ombre à l'inerte regard
de celui qui ne voit les cordes de l'histoire
qui se lient de leurs noeuds, à sa tête accrochées.
A l'échafaud, le pendu, que le temps a fauché,
se balance à jamais au rythme de sa fin
dont l'heure de la mort n'est qu'un poids dans ses mains
Ses yeux gonflés de vide n'ont rien de relatif
à sa langue qui s'étend en râles convulsifs
et tente d'éloigner le privant de ses mots
les quantiques corbeaux qui lui percent la peau
qui se pressent à l'échelle pour en manger le coeur
mais les barreaux sont trop distendus pour demeure
et ne font que passer en picorant l'oeil noir
de l'infini qui n'est que le fini miroir
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# Posté le mardi 24 février 2009 09:13

*** FILS DU FROID ***

 *** FILS DU FROID ***

S'envolent les flocons, sous les gifles du vent
Improbables esquisses de vies se dissolvant
Dans l'abîme des leurs qui de leur corps d'avant
Font un maigre linceul aux seuls survivants
Condamnés à s'éteindre et en larmes se fondre
Et de ces souvenirs sans cesse se morfondre
Aux nouvelles cohortes encore renouvelées
S'acharnant de leurs corps à vouloir s'élever
Mais finissant toujours quelque soit le moment
En un flot de regrets qui sans savoir comment
Feront naître sans fin ceux qui viendront ensuite
Les tenants condamnés à la chute et la fuite

# Posté le mardi 24 février 2009 09:14

*** AMOUR VIOLETTE ***

 *** AMOUR VIOLETTE ***

Ne brûle pas tes larmes à la flamme des cieux
bleus, vers qui nul n'aura l'espoir de rêver mieux.
Laisse donc à leur astre ces vides qui ne peuvent
rien aux corps dans le tien, qui avides se meuvent.
Fais de ceux qui ne sont et ne font rien pour toi,
d'aveugles illusions et ta main dans mes doigts.
Que leurs sueurs sur ton dos soient nos matins d'hier,
où l'eau de la rivière y brassait pas et pierres
et que leurs souffles froids qui te brûlaient la peau
ne soient plus que nos voix, qui leur tournent le dos.
Pour que fleur qui se meurt sur un drap trop étroit
s'échappe sans douleur de leur bras qui ne voient
le jardin où tes yeux n'épousent que nos rires,
pour eux, un adieu, pour nous un avenir..

# Posté le mardi 24 février 2009 09:15

*** EPOUX VAMP' ***

 *** EPOUX VAMP' ***
Aurore lève-toi par les dieux et les saints,
que la lumière du jour brûle chacun des siens
Horreurs de la nuit, ombre tapis
Se cache au fond de quelques caveaux maudits
L'heure du festin avance et lorsque la nuit,
commence et arrache le jour,
se lèvent les légions aux ténébreux atours.
Une femme parmi eux, ange de mort,
une nuit entre en ma demeure, encore.
J'ouvre, la guide, l'éclair.
Elle est belle et terrifiante.
Ses mains, ses yeux, sa bouche tentante.
Ses yeux me fixent et j'ai envi,
d'elle, ses yeux, son corps, une nuit.
Ces yeux...
Elle dépose ses mains sur mon ventre brûlant,
le froid de ses ongles m'écorchant
la chair de mes bras, le sang à mes tempes bat
mais ces yeux ne me quittent pas.
Mon dieu, j'ai froid, rapproche toi.
J'ai besoin de ses yeux à présent,
qu'elle me donne son corps, je lui donne mon sang
Reste auprès de moi déesse, tes yeux...
...ne me quittent pas, je le veux
Je n'y vois plus à présent.
Au fond de mon âme ces yeux fixement.
Je la sent s'approcher de mon corps déchiré
et ses lèvres s'entrouvrent par ma mort attirées.
Ses crocs elle rapproche et déchire ma peau.
Ses yeux sont beaux
lorsqu'elle lape le sang chaud
Coule de mes veines, sans elle le frisson
de la vie n'est qu'abandon.
J'ai perdu mon dieu désespoir.
mais surtout j'ai perdu ses yeux, il fait noir.
Impossible horreur...croire,
impossible aurore.. voir

# Posté le mardi 24 février 2009 09:16

*** L'ILE AUX SIRENES***

*** L'ILE AUX SIRENES***
Sans visage s'enfuir, le front perlé de nuit
Un masque clair, rose de chair parée d'ennui
L'avenir perdu aux souvenirs passés
Drapé de sombre, cerné d'enfer, d'ombres massées
Courir au vent du précipice quand sous mes pas brusquement crissent
Les restes calcinés de l'acier martelé
La perte de sa voix, en soi, écartelée
Quand la lune moqueuse éclaire dame impolie
Le noir de nos idées et les cachots de ma folie
Fou rire au champ de l'injustice, se replier sur son supplice
Quand poussent des bleuets tout surgissant des flammes
Aux bras des sirènes qui susurrent à mon âme
Répond au tonnerre un claquement de chairs
Un bruit froid, sans merci qui me noie de lumière

# Posté le mardi 24 février 2009 09:17

*** FEUX AUX POUDRES ***

*** FEUX AUX POUDRES ***
Tu me consumes au plus profond de mon âme
poudre d'argent et blanche flamme
Quand j'ai froid, quand je suis seule je pense à toi
Je te prends quand j'ai chaud et tu me fais froid
dans le dos...il y a longtemps je voulais t'arrêter
Crié, idiote, finie, je l'ai juré
C'était il y a longtemps je crois je t'aurais
sous-estimé ou peut-être ai-je cru
que je trouverai d'autres saluts
mais il n'y a eu que toi
qui m'a tendu les bras et envahi de joie
mon amie tu m'as vendu l'espoir
mais chaque fois après je retrouve le noir
je suis esclave de ta liberté
et tu restes ma chaîne dorée
Je n'aime plus personne car ne connaît que toi
Je vois par toi, je vis comme ça
Je meurs aussi, je suis seule et j'ai froid
qui pourra me réchauffer cette fois
toi ?
bon d'accord, une dernière fois...

# Posté le mardi 24 février 2009 09:18

*** CADAVRE EXQUIS ***

*** CADAVRE EXQUIS ***
Doucement déposée sur ses lèvres ouvertes
j'ai le goût de sa peau toute à ma langue offerte
Pulsent mes ailes d'ange à ce met délicat
me retrouve frôlant sa hanche de mes doigts
micas. Un souffle d'air berce leur duvet d'or
quand je l'effleure à peine d'un battement de corps
slalomme entre les gouttes de pluie, perles mouvantes
sur les poils ambres luisent, leurs formes vascillantes
bois à leurs fins diadèmes, sillonne l'ourlet blanc
frôlent mes pattes ébènes au carmin le bordant
mais brusquement s'agitent les herbes érigées
et caressent lassives la vestale allongée
et des abîmes noirs se pressent silhouettes
dont la griffe s'abat au dessus de ma tête
me font peur. Je m'envole grosse mouche anthracite,
troublant l'air, bourdonne, d'un grognement de fuite
au dessus de la femme peau laiteuse immobile
dont la verte marée et les ombres subtiles
du matin au grenat, du soleil ouvrant l'oeil
impoli dont les feux embrassent le cercueil.
mais les sombres en cercle la larme au garde à vous
ferment les yeux, parlent, et ferment le trou
qui l'avale lugubre, ténèbres et enfers
éloigne les insectes et la vie de ses chers
Leur laisse un souvenir mordu de marbre froid
d'une beauté lunaire morte et belle à la fois

# Posté le mardi 24 février 2009 09:19

*** PAPILLON BLANC ***

*** PAPILLON BLANC ***
Une femme air affolée, blafarde et essoufflée
regarde
La lune dans ses yeux frissonne à son reflet
de peur
Le flanc couvert de marques. De sang carmin mordu
d'échardes.
La main sur la poitrine, de froid, d'horreur perdu,
son coeur,
précipite ses pas, pieds nus battant la terre
si froide.
Les ronces qui la giflent, ses cheveux d'or lacèrent
ses lèvres
se voilent de mystères qui étouffent le monstre
malade
dont les yeux la transperce de leur clignement d'ombres
de fièvre
qu'éponge la forêt, sa gueule aux crocs des arbres
aïgus
la fait fuir, un espoir qui la tient. Voix macabre
du vent
supplie, se cogne trébuche et se relève aveugle
perdue
tombe dans l'eau troublée du lac aux larmes seules
mouvant
de ses regrets aux vagues, couture en geste brusque
puis noie
dans le silence à l'oeil de l'eau au blanc son buste
surnage
sa chevelure d'algues ambrées au fil qui berce
chatoie
et tremble la lumière qui, refermés,carresse
ses doigts

# Posté le mardi 24 février 2009 09:21

*** SEMBLANT D'AGONIE ***

 *** SEMBLANT D'AGONIE ***

Mon c½ur est une apocalypse à l'horizon de terre fânée
Un bout de larve cantatrice dans un cocon de champ raté
Et sur ses lèvres de mercure approvisionnées de cancer
Recrache en vaine blessure une perfusiion de fer
Inhabile, inutile jouet dans son grand vase clos l'insecte
A mis ce rythmement muet à un lacis de gras infectes
Et la liberté de son temple au milieu d'une cage aspire
A, Pendant que lui mon sang, tout le temps d'en finir
Mécanique horlogé sa guerre dans une tranchée où se noie
Au milieu du poison s'altère à se battre pour moi
Et dans les râles d'agonie, dans les derniers jours à venir
Je le maudirai moi celui qui ne bat plus quand je respire

# Posté le mardi 24 février 2009 09:22

*** MOUROIR ***

 *** MOUROIR ***

Une fenêtre sale aux pluies de tant d'années
Un papillon de soie, pattes en duvet blanc
bat de l'aile et bourdonne en écrasant ses flancs
près d'un vieux pot de fleurs dont le temps a fané
la couleur. Fausse rose, abimée, pauvre soeur
comme lui de poussière, son plastique se moque
du piège dont la glace ne vibre de ses choques
Se bat, triste combat au miroir oppresseur
l'insecte dont la lutte a grondé puis s'arrête
à la plainte du mur où il heurte sa tête
sur le dos tente encore d'attrapper de ses pattes
le froid hublot de verre que convulsif il gratte
et puis meurt tas blafard dans un coin replié
entre les mégôts gris et les déchets d'un soir
sa lumière passée est maculée de noir

# Posté le mardi 24 février 2009 09:23