*** ORNEMENTALE DATURA ***

 *** ORNEMENTALE DATURA ***
Datura noire, en cor, résonne en moi
me crie ta fleur d'espoir, une autre ode de joie
Se meurt ton parfum aux c½urs de mes veines
Tu hantes mes matins du peu qu'ils se souviennent

La rose est sans attrait quand ta pause m'écorche
Fais de mon âme prose à ta voix qui m'est proche

Datura noire je suis calice de ta sève
L'écrit de délice sur lequel je m'achève
Brûle ta corolle, pétale aux maints arômes
quand tu hurles folle sur le souffle des hommes

La rose est poésie quand tu m'emplis de toi
Fais de mon âme, prose, à l'encre de ta voix

Oui, Datura blanche non tu n'existes plus
Un ange de feu-folie t'a brûlée à ma vue
Non, Datura blanche, oui, tu n'excites plus
Les cendres de ton charme en moi ont disparues

# Posté le mardi 24 février 2009 09:54

*** AME RETIVE ***

*** AME RETIVE ***
Une araignée noire posée sur ta joue blanche

Tisse tous tes regrets, de tes larmes s'épanche

Glisse au long de ta peau, de tes sanglots s'enfuit

que d'un revers de main, de honte tu essuies

Toile en chagrins passés que nul pourtant ne sait

Voile amer d'un bonheur à grand peine esquissé

Proie captive aux crochets, du filet piège au temps

Sois immobile, toi, l'éprise en sanglotant.

# Posté le mardi 24 février 2009 09:55

*** PENDULAIRE ***

 *** PENDULAIRE ***
Vingt-trois larmes salées remontent à mes joues
et viennent se noyer en long filés de bruine
dans l'azur et le bleu s'irrisant de rouge ou
feu forme l'océan de mes yeux en ruines

Le mouchoir s'assèche de mes sanglots perdus
Se recoud lentement du fil de cet espoir
replié à jamais par tant de mots déçus
reçus puis rejetés, aveuglés par l'histoire

d'une ado qui aimait un garçon sans y croire
d'un garçon illusoire, d'une lettre oubliée
au fond d'un vieux tiroir, d'une ado que j'étais
d'une ado oubliée au collier de lin noir

croir sysan çongar un maiai qui donadu
noir lin de liercol au ébliou doandu

# Posté le mardi 24 février 2009 09:58

*** MASANI ***

*** MASANI ***
Parmi les ombres du temps, au souffle des ténèbres,
aux griffes, froid silence, la terre semble s'ouvrir,
accouchant d'une nymphe qui se dresse funèbre,
marche nue dans les ronces, s'entrouvrent en soupirs..
ses yeux, lunes blafardes, de leur noirceur se fraient
sous le regard des dieux, un passage interdit.
Cet oiseau éternel au masque de l'effraie,
le corps en marbre blanc succube à l'appétit
désirable, déesse, vampire dont la faim
ne fait battre son coeur et son cri ne soulève
ni sa peau ni son sein de fille damnée d'Eve
A ses lèvres rougies l'inéfable parfum
de la faucheuse embrase le corps qu'elle ne peut prendre
et qui vient l'appeler au creux de gorge livre
le flot diamant qui doux, asperge sa peau tendre,
l'inonde faussement du sentiment de vivre,
s'écoule et boit son âme qu'elle noircit à jamais
de cette fin des autres qui s'éteignent en râles
et renaissent parfois tristes âmes damnées
descendant sans passion de l'indiscible mal
qu'elle a fait avec celle qu'elle déchire et qu'elle mord
triste vierge d'années chaque soir est violée
par son propre désir, ses cuisses entre la mort
qui la prend dans son antre mais ne peut l'empaler

# Posté le mardi 24 février 2009 10:00

***TROP DE TROIS ***

***TROP DE TROIS ***

De combien est le prix à l'été de nos vies
allaitant le garçon au passé de l'envie
Enserre de ses doigts le sein de nos regrets
de sa gorge pressant et sa main resserrée
sur la peau, en nos coeur, se gorge de désir
de vivre mon bonheur dont il est le vampire
hurle de rage et faim puis dévore en succions
mon corps sage qu'il consumme fait jaïr en pulsions
le lait doux, triste et chaud qui se lient au sang froid
de celui qui me tue et m'éloigne de toi

# Posté le mardi 24 février 2009 10:01

*** GERMAINE SANS HISTOIRE ***

*** GERMAINE SANS HISTOIRE ***
Ouais elle s'est barrée mes yeux..
Et elle m'a boulet le coeur
Un regard de travers et un pied en demeure
Un gros poing sur mon nez
Un point final d'ailleurs
C'était bien terminé
Ça fait mal et j'ai peur
T'es vraiment qu'une ordure
Et puis c'est moi qui pleure
Si tu crois que c'est dur
Et que c'est moi qui meurs
Fais bien gaffe ma jolie
Toi que j'appelais ma soeur
Une griffe sur ton lit
et ta rancoeur ta baffe
tout juste après l'amour
c'était pas une farce
même si ça tourne court
tu voulais qu'on le fasse
mais on m'appelle folie
et tu sauras pourquoi
non, personne , jolie
personne ne me jette moi
Un sale chat dans les pattes
miaule j'en fiche un cou
mais moi j'avance pas
moi je pensais à nous
c'est glauque ça pue dehors
ça sent la pisse, la mort
moi j'ai la robe usée..
le mal de l'abusée
oui satan m'a baisé
mais c'est pas terminé
satan aussi il me connaît
ça fait longtemps que j'me l'suis fait
tu m'entends ? derrière tes vitres
sûre que t'es là.. quelque part
à me voir vaquer seule dans le noir
tu m'entends..sûr que tu ris
que tu ris de moi dans le soir
à faire la pitre au milieu des poubelles
sûr que tu ris pucelle de me voir ainsi..
je prends.. une brique je la balance..
raté mon coup.. t'as de la chance..
claque.. tombe sur le pavé..
j'ai la main pleine de sang séché..
bizarre..
j'ai mes cheveux blond dans les narines
qu'au moins il me bouche cette odeur..
de latrine
y'a un gars glauque qui me regarde..
et un vieux poivrot qui écluse sa bibine..
s'ils me suivent je leur coupe les..
un pigeons passe, ce qu'il est laid..
lui manque une patte..
moi j'aimerais bien..voler..
j'ai encore ta sueur sur ma peau..
le grain de ton corps me gratte
je te jure que si..
je me retourne mais je suis trop avancée
dans la nuit..
tu n'es plus là.. ni ton appart'
il n'y a même pas la lune,
pour éclairer mes idées sombres
tu m'entends la brune..
moi je baise avec ton ombre.
tu m'entends ?.. tiens j'ai des tâches..
grenat sur ma robe..au réverbère
je frotte mais ça part pas..
ma soie berbère ne me lâche pas !
pas toi en plus..déjà hier..
moi qui croyait avoir trouvé..
de l'or.. de l'or dans mes souliers.. je marche, une crotte de chien..
la vache c'est dégueulasse, et puis je n'y vois rien
mamie disait que j'ai des yeux vert d'olivine..
si elle était aveugle..à quoi ça sert
mine mes heures, mais arrive enfin..
au port..les bateau dansent.. dans les lumières des bites
éclairent le corps d'un marin qui dort,
sale cuite..
j'avance vers l'eau.. sent la marée..
envie de vomir.. c'est pas vraie,
vomis dans les poissons,
le sel de mes regrets plus que notre passion
pique la bouteille au matelot dormant
regarde le couchant.. la bois la boisson poison..
qui m'emmène.. oh qui m'emmène si loin d'un monde..
dans un univers au ballet ou la beauté chaque seconde..
éclate en bulles de savon.. sirupe le long de mes yeux clairs
au bas de mes joues qu'elle berce de lumière..
de bonheur heureux.. de chat caressant mon corps de sphinx
à l'écueil de mon buste, au firmament du flot inondant mon larynx
j'ai les doigts s'égarant sur le matelot dormant,
prends peur, se réveille et bascule, pas dans le rêve..
dans l'eau plouf du doc pétrole
reprends mes esprits souris folle...
reprends la bouteille danse sur les quais...
adieu ma soeur.. à ta santé..
adieu.. mon amour je te hais
vieille pouf...
le marin surgit.. dégoulinant de flotte..
un chapelet d'algues autour du cou..
je rote... lui au regard..fou
puis tout à coup...
tout s'effondre ma machoîre..
quelle fût donc la fin de l'histoire

# Posté le mardi 24 février 2009 10:14

*** IMMOBILE ***

*** IMMOBILE ***
Et la lune affolée a posé sur mon c½ur
un peu de sa folie, beaucoup de son malheur
et la rosée a luit sur mes lèvres perdues
qui n'ont croqué de fruits que leurs désirs fendus
et la fièvre a rongé au front de mes hivers
une errance passée au jardin des misères
et mon ½il n'a luit que d'un désir secret
celui de naître aveugle et de mourir crevée
et le soleil a pris dans ses rayons mon corps
n'en a fait que charpie, d'ardents chardons de mort
où les grains de pavot pauvres grains de poussières
ne font que s'envoler sans sauver la lumière
et la statue qui est le corps que j'ai vendu
maquillée de son art n'est qu'un pavé pendu
au socle du silence et mensonge de vie
rongée par son destin, perdue dans sa folie
regarde les oiseaux qui maculent ses bras
des fientes de leurs mots chantent qu'elle ne fuira

# Posté le mardi 24 février 2009 16:18

*** BALLET NOCTURNE ***

*** BALLET NOCTURNE ***
Le pied d'une sorcière a frappé de sa ronde
les cris qu'elle a volé et chaque être, seconde
son rire, dont les voix de damnés émouvants,
s'accrochent en suppliques aux hurlements du vent
Les colliers d'os jaunis, ornements mortuaires
se frappent d'ombre nuit au rythme de la terre
qui se craquelle et laisse apparaître éructant
les génies en colères et le flou grouillement
des carabes ailées dont les noires élytres
s'écrasent sur son corps en caresses sinistres
Lorsque la gueule d'ombre, entaillée par les pierres
de la succube s'ouvre, en vomis s'envolèrent
des papillons de nuits dont le ballet nocturne
est un postillon noir des arbres vers la lune
et quand des heures plus tard en sillons ravagé
le sol de ses enfants n'est plus en rien gorgé
La femme à l'½il aveugle le tourne vers les astres
dirige ses nuées au chevet du désastre
et tourbillon de cris, auréole d'insectes
elle, s'envole, elle aussi ne laissant que d'infectes
tumeurs qui au matin, au sol dressent suppliques
et ne laissent au c½ur qu'un cercle de colchiques

# Posté le mardi 24 février 2009 16:19

*** MACADAME ***

*** MACADAME ***
J'ai dévoré mon corps aux creux des autres jours
mes entrailles glacées cisaillées tout autour
des marques noires. Mes dents découvrant maculées
ce qu'elles ont, aux tranchant de ma voix, cisaillé
et je prends dans mes bras en rire froid la douleur
anorexie mon mal, couteau, proie qui se meurt
tout au fond de mes doigts se desserre et demeure
le trésor de ma vie, un coeur las qui s'arrête
que je presse battement et mimant de la tête
le hoquet de l'enfance, la chanson des vieux jours
d'un bébé au réveil et d'un monstre à rebours
et je ris de mon mal en mangeant le silence
des autres qui me croisent et me crois en démence
et j'ai jeté si fort mes artères sur le mur
de la terre c'est un trou qui en moi se fissure
des abimes d'un corps déshabille tailladée
ma peau nue de l'humain, qu'un vagin sur des pieds
et la bave a monté, commissure qui sourit
par pitié qu'on dédaigne par amour qu'on essuie
salissure aux chiffons et rayure d'un temps
l'autrefois est un lieu qu'on oubli en mourrant
et les spasmes ne laissent de mon masque de jais
qu'un cadavre de chairs dont je suis affligée
et les gens qui n'ont droit qu'au cliché noir et blanc
de ma vie prostituée ne voient pas tout ce sang
qui s'écoule et moi folle ne fait que révérence
d'une Eros costumée arrachée à l'errance
et éteint mon ego à ma poitrine ouverte
et enflamme son vide de la vie qui lui reste
je ne suis qu'un zombie qui a peur de la tombe
une fille de la nuit qui couche avec les ombres
et la colombe au nid tressée de datura
et d'épines à la lie de son passé tuera
ce qui n'était qu'un rire n'est plus rien que l'écho
et de ce souvenir ne sont plus que des mots

# Posté le mardi 24 février 2009 16:22

*** NE M'OUVREZ PAS LES YEUX***

*** NE M'OUVREZ PAS LES YEUX***
Je suis l'Etranger qui s'est perdu chez lui
spectre sans murmure marchant sans bruit
traversant les souffrances, murs de grès et de glaises
au ciment de douleurs aux linteaux du malaise
Mes pas n'ont écorché ni les rivés rouillés
ni les larmes mes joues qui les ont essuyées
et mes doigts pâles aux gouttes qui pressé clapotis
tombe au long de ma route cette traînée rubis
où le fer n'est plus rien que ces chaines à mes pieds
que je traîne en grinçant sans pouvoir les expier
quand n'entend mon fantôme au loin les chiens savants
dont la meute vers moi précipite en bavant
leurs gueules dont les crocs à l'éther de mon être
se plantent et maintiennent mon esprit sur le tertre
de ce tombeau. Infâmes et prisonniers mes membres
crispent le vide-sang, sans pouvoir s'en défendre
des maux qu'ils ont ouvert. Mes yeux cernés, folie
enchaînés aux barreaux ont hurlé dans ce lit
au carrelage où ne grince que l'auréole verte
d'un dieu maudit dont l'½il garde la porte ouverte
voie infâme et moqueuse d'où s'échappent les anges
qui eux sortent leurs pinces lentement de la fange
Ils me parlent ces hommes, ironiques ne savaient
qu'ils creusaient ma folie en voulant m'en sauver
J'étais déjà perdue à leurs entailles en croix
quand la guêpe a piqué son venin dans mon bras
moi je hurle : vous ne comprenez pas.. Je ne suis pas ici
mais eux ils ne riaient qu'au mouvement de la scie
voleur, voleur rendez-moi cet ailleurs
aux griffes de leurs doux sourires n'est que douleur
voleur, voleur laissez moi de nouveau traverser le ciment
que de vos idéaux baptisé de mon sang
vous m'avez volé. Ce que je n'ai voulu,
pourquoi devrai-je me battre moi qui n'existait plus !
laissez moi s'il vous plaît pourquoi ainsi me faire
ouvrir les yeux sur ce qui n'est rien que l'enfer
et le sang de ce monde a coulé sur ma joue
quand les lames immondes m'ont appris à dire nous

# Posté le mardi 24 février 2009 16:25