***NOTRE PASSION ***

Deux âmes égarées sur ce pont pourchassées
par les ténèbres qu'elles avaient cru bon d'enlacer.
Blanches, en la fumée du monstre se détachent
leurs peaux, noires leurs mains ont la cendre des lâches.
La plus jeune était belle, je le sais comme je t'aime
quand l'abîme a jeté et mordu la bohème
de nos vies, fait trembler les fondations de plume
que nous avions bâti pour combattre l'écume
qui perle de la gueule infâme et dévoreuse
de notre bonne amie, notre manie faucheuse,
nos doigts ont basculé. Dans l'abîme est-ce ta main,
est-ce tes os que je serre, en pleurant, dans les miens ?

# Posté le mardi 24 février 2009 16:26

Modifié le mercredi 25 février 2009 09:39

*** SANG VIOLE ***

Dans l'ombre de ces murs aux sabots noirs fendus
esquisse sa figure une faim défendue
en tressaillements d'ombre exhalent ses naseaux
des râles de fumée qui font fuir les oiseaux
sa gueule est une grotte et sa gorge sans fond
ne souffle que la forge et vomit au plafond
des flammes qui ne lèchent que ma face et de haine
il ne griffe et ne sèche que mes joies et mes peines
ne laissant d'elles que cadavres sans coquille
où le mal être même n'est qu'un phare qui ne brille
que dans ses yeux de braise et les miens sont sans vie
cataracte de glace aux fantômes assouvis
château d'un autre temps où les murs sont de lave
et ne versent leurs douves que des torrents de baves
acide lorsque ta peau se repaît de mon corps
mordant et déchirant ce qui devait éclore
ne laissant de ma fleur qu'un bourgeon noir flétri
bouton n'est que verrue aux vents mordant mes cris
de vierge dont le corps est plantée sur sa croix
dont il ne reste plus que du sang sur mes draps

# Posté le mardi 24 février 2009 16:27

Modifié le mardi 24 février 2009 17:33

***SOEUR DE SANG ***

 ***SOEUR DE SANG ***

Tu te perces les veines mais ton sang me revient
moi l'être transfusé me vide de tes plaies
de ton bras cicatrice, de mon coeur qui se plaint
du vide qui te nourrit mais moi m'a avalé
Le couteau qui me bat, taille notre avenir
lacère un bras, sillon de mes larmes amères
tendit que tu t'en vas, moi je veux revenir
Dans l'eau de ta baignoire se teintent mes regrets
au siphon qui aspire nos vies mercures poisons
tandis que nos deux corps, si blafards et si près
d'en finir les ténèbres déchirent nos cloisons
la fin de nos douleurs, tant pour toi que pour moi
ce refuge du faible qui me cloue à ta porte
que tu quittes en riant, que j'insulte en pourquoi
mais qui lie nos cadavres de nos natures mortes
baromètre éventré, pompant l'air impression
toi car l'air te viciait, moi toujours accroché
mais fuyant à regret car de fabrication
bâclée. La mort t'a pris la main et moi fauchée
Salope si tu m'entends, s½ur indigne de deuil
qu'on ne m'enterre pas à côté de l'infâme
sinon tu comprendras au froid de ton cercueil
qu'on ne se coupe pas facilement de mes larmes
et de ta courte fuite alors regretteras
après mille ans ma haine qui te consumeras

# Posté le mardi 24 février 2009 16:28

***L'ALCHIMIE DES ROSES ***

***L'ALCHIMIE DES ROSES ***

Vin de rose au bouquet s'offre tendre et bouillonne
De son musc glacé en vapeurs tourbillonnent
Autour du verre qu'elles luisent aux lèvres frémissantes
des colonnes en bulles l'effleurent ces amantes
viennent s'abandonner condensats qui ruisselle
de leurs chaudes salive dans la froide coupelle
glissent les grains de poudre y gonflent de leurs larmes
plongeant dans cet abîme ils disparaissent en charmes
la font d'émoi changer de couleur et se parent
d'une robe bleutée en vert se chamarrent
au c½ur du doux liquide au gré du feu qui doux
vient lécher de sa flamme ses doigts à ses remous
exhalent ses arômes, de son c½ur qui se noie
qui exultent de chaud qui en pleure de joie
quand de nouveaux pétales y sont plongés, se gorgent
du sucre du passé et en son sein se forgent
un nouveau corps au c½ur d'un vieux rêve d'humain
distiller la beauté pour en faire un parfum

# Posté le mardi 24 février 2009 16:29

*** LA DAME AUX CHATS***

*** LA DAME AUX CHATS***

Je me mourrai d'ennui, seule en vie étrangère
Parcourant ce pays de mes rêves amers
Je n'avais rien à faire ce temps est méprisé
Tant de mots que j'aurais, si tôt aimé briser
Alors qu'un autre jour, enfin montra sa flamme
Elle entra mon amour par les yeux de mon âme

Elle était folle, je le savais
Autant peut-être que je l'étais

Comme les deux côtés d'un unique miroir
auraient peur au projeté de leur premier regard
Je n'encadrais son rire et ses enfants les chats,
qu'au début elle appelait, tout à côté de moi

Je ne sais plus trop quand, nos voix ont mues, changées,
qu'elle a mise sur moi, sa patte, ange blessé

J'en étais folle je le savais
Autant peut-être qu'elle l'était

Quand seule elle pleurait,
ses larmes coulaient sur mes joues.
J'étais son mur de gré, elle était mon bijou
et quand elle m'a dit :

je me sens bien auprès de toi
J'aurai voulu lui dire : «moi je ne sens plus rien

quand je suis loin de toi»

Quand elle m'invita, pieds-nus, à travers ville
Au bord du bleu Danube, à un bar de son île

Elle qui avait peu d'argent,
Elle qui en passant, faisait rire les gens
Elle qui m'a offert le plus beau des cadeaux
Celui de croire à la lumière
Quand la lune est sur l'eau. De dire que j'étais,
tout comme ses enfants les chats,
un mystère que l'on aime, avoir auprès de soi

# Posté le mardi 24 février 2009 16:31

*** DEIFIE MOI ***

 *** DEIFIE MOI ***

Plus mes textes sont beaux et moins vous les aimez
au jardin des idiots on prise son reflet

Mes écrits sont divins, la critique des hommes
est un grand vin goûté par des bêtes de somme

C'est le nouveau qui naît et l'ancien qui refuse
en renâclant borné, ma beauté qu'il accuse

Baudelaire en poussière et Rimbaud sont heureux
d'être morts pour me plaire, médiocres vaniteux

Inégalée, sublime en refermant leurs tombes
à coup de rimes où n'est que fiente de colombes

qui n'habille plus d'eux qu'un deuil en formulaire
récitation bornée d'un orgasme scolaire

et les feuilles longues qu'on peine à ramasser
d'écrits qu'on parachève de ces fantômes usés

ne laisse apercevoir que ce dernier message
d'humanité stupide qui ne voit le passage

d'une femme génie, filante solitaire
dans les affres infinies que le fade veut taire

Restez donc à vos pierres tombales les enchaînés
la beauté n'est sur terre que pour être damnée

Gardez donc vos crayons, coloriages enfantins
quand moi je vous offrais le monde de ma main

# Posté le mardi 24 février 2009 16:33

*** LUNE ROUSSE ***

*** LUNE ROUSSE ***

Au travers de ce ciel à poil sous ton pelage,
Je t'entends me dire nous, prédateur, mon visage,
Sur nos corps éclairés aux stores qui nous dessinent
Laisse nos peaux marquées de l'amour que nous fîmes

Et nos côtes saignées brusquement se sont ceintes
Et ma bouche est la gueule qui me hurle ta plainte :

Miroir maudit, miroir, mensonger qui luit d'or
Messager soit maudit ! Non pas encore !

Un cri dans la nuit, chasse les bêtes qui regardent
Lèvent leur musque froid et sur moi meute darde
Le meurtre d'un passé, le présent qui m'enferre
Transforme monstrueux, mon âme en meurtrière

A genou. Tu relèves, crocs qui hurle ta fièvre
Tu dévores la louve, et m'écorche les lèvres
Chien, je m'arrache enfin de toi, ton cou maudit
Chacal a fait de nous, la bête que je suis !

Hurlant tu peux crever, je ne pleure plus de rien
La nuit s'est déchirée, la lune levée, mes mains
Sont des griffes qui se terrent, lacèrent et se débattent
Bonheur abjecte qui s'enfonce et se rétracte

Et sur ma gorge, livre, la salive moqueuse
a fait de moi charpie, un monstre monstrueuse

et le regard des spectres, Munch mimant l'horreur
ont caressé ma tête, en jetant ta carcasse
ont vomi les rimeurs, à l'aveugle grimace
et me tenait en laisse leur collier que j'emmerde

La maison est détruite, le monde est raturé
Toute fuite rebute le prédateur. Ecorche
aux grilles qui l'encagent chacun de ses reproches
le lit minable et froid où on l'a capturé

la pute sans lendemain qu'il sera, qu'il l'était

# Posté le mardi 24 février 2009 16:34

*** NECROMANTE ***

*** NECROMANTE ***
Couchée avec la mort j'ai bu son souffle humide
qui pénétrait mes reins de ses relents putrides
et j'ai léché ses doigts aux relents d'os jaunis
m'a fait dresser les seins et ma peau dans sa suie
Je l'ai laissé glisser, au fond de moi, saillante
son cartilage épais, de ses ongles, assaillante
et caressé désir du calcique thorax
qui m'a fait jouir encore et mordre le climax
Au creux de ses yeux vides j'ai promené mes mains
caressé leur abîme, prenaient vie dans les miens
et l'orgasme montant, ses dents noircies d'amour
en filets verts et gris laissaient à leur parcours
l'excitation jouissive qui m'enfonçait charnelle
couchée dans ce cercueil et me glissait en elle
et mon souffle accélère, mouvement convulsif
soudain me manque d'air à tel plaisir jouissif
et figé sur un rire imbécile et moqueur
mon crâne à son image, se teinte à sa couleur

# Posté le mardi 24 février 2009 16:35

Aubepine

la ou j'ai pris tout ces poèmes mais chut sinon hi hi hi hi
Aubepine

# Posté le mardi 24 février 2009 16:39

Modifié le mardi 07 juillet 2009 08:18

elle et moi

elle et moi
elle me désir je la désir
elle m'aime je l'aime
elle veut m'épouser je veux l'épouser
elle meure je me meurs
elle est moi et je suis elle
sans elle je ne suis rien.
Elle Et Moi

# Posté le mercredi 11 mars 2009 19:05

Modifié le mardi 07 juillet 2009 08:10