Au travers de ce ciel à poil sous ton pelage,
Je t'entends me dire nous, prédateur, mon visage,
Sur nos corps éclairés aux stores qui nous dessinent
Laisse nos peaux marquées de l'amour que nous fîmes
Et nos côtes saignées brusquement se sont ceintes
Et ma bouche est la gueule qui me hurle ta plainte :
Miroir maudit, miroir, mensonger qui luit d'or
Messager soit maudit ! Non pas encore !
Un cri dans la nuit, chasse les bêtes qui regardent
Lèvent leur musque froid et sur moi meute darde
Le meurtre d'un passé, le présent qui m'enferre
Transforme monstrueux, mon âme en meurtrière
A genou. Tu relèves, crocs qui hurle ta fièvre
Tu dévores la louve, et m'écorche les lèvres
Chien, je m'arrache enfin de toi, ton cou maudit
Chacal a fait de nous, la bête que je suis !
Hurlant tu peux crever, je ne pleure plus de rien
La nuit s'est déchirée, la lune levée, mes mains
Sont des griffes qui se terrent, lacèrent et se débattent
Bonheur abjecte qui s'enfonce et se rétracte
Et sur ma gorge, livre, la salive moqueuse
a fait de moi charpie, un monstre monstrueuse
et le regard des spectres, Munch mimant l'horreur
ont caressé ma tête, en jetant ta carcasse
ont vomi les rimeurs, à l'aveugle grimace
et me tenait en laisse leur collier que j'emmerde
La maison est détruite, le monde est raturé
Toute fuite rebute le prédateur. Ecorche
aux grilles qui l'encagent chacun de ses reproches
le lit minable et froid où on l'a capturé
la pute sans lendemain qu'il sera, qu'il l'était